{"id":4504,"date":"2023-01-03T19:51:35","date_gmt":"2023-01-03T18:51:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.inlen.photo\/galerie\/origin-of-hue-song-at-the-court-of-annam"},"modified":"2023-01-03T20:31:56","modified_gmt":"2023-01-03T19:31:56","slug":"origin-of-hue-song-at-the-court-of-annam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.inlen.photo\/fr\/gallery\/documentary\/origin-of-hue-song-at-the-court-of-annam","title":{"rendered":"Origine du chant Hue \u00e0 la court d&#8217;Annam"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce texte est issu du livre M\u00e9moires de Son Excellence Huynh Con dit \u0110an T\u01b0\u1eddng de Jean-Jacnal \u00e9crit en 1924.<br> Cette biographie d&#8217;un ancien ministre des Rites \u00e0 la Cour d&#8217;Annam contient des d\u00e9tails historiques sur sa vie et pr\u00e9sente une description int\u00e9ressante de la musique \u00e0 la Cour.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Toutes les nuits, nous faisions venir des chanteuses. On\na si peu \u00e9crit sur cette cat\u00e9gorie de personnes que sans doute on me permettra de\ndonner quelques d\u00e9tails sur leur vie, leur \u00e9ducation et leurs m\u0153urs (1). <\/p>\n\n\n\n<p>Au Tonkin et dans le Nord-Annam se rencontre une\ncat\u00e9gorie sp\u00e9ciale de chanteuses auxquelles on donne le nom de C\u00f4-d\u00e2u ou de A-d\u00e2u,\ntandis que l\u2019ensemble de la troupe prend le qualificatif de Nh\u00e0-tro ou de Nh\u00e0-to.\nLes femmes qui composent celle-ci sont g\u00e9n\u00e9ralement c\u00e9libataires et elles sont\ntoujours accompagn\u00e9es d\u2019un musicien, soit qu\u2019elles exercent dans une demeure\nparticuli\u00e8re, soit qu\u2019elles se rendent chez un mandarin qui les y convie.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoique le m\u00e9tier de chanteuse, comme nous le verrons,\nsoit quelque peu m\u00e9pris\u00e9, il n&#8217;en fut point toujours ainsi, du moins d&#8217;apr\u00e8s ce\nque pr\u00e9tend la l\u00e9gende.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut remonter jusqu\u2019\u00e0 la dynastie des L\u00ea post\u00e9rieurs\npour en d\u00e9couvrir l&#8217;origine.<\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;apr\u00e8s un \u00e9crit, de nature religieuse, trouv\u00e9 dans un\npagodon \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la gloire de la corporation et \u00e9difi\u00e9 au village de\nXu\u00e2n-Tao-Doai (phu de Da-Phuc, province de Phuc-Y\u00ean au Tonkin) ce furent les\n\u00e9poux Dinh-Du \u00e0 qui \u00e9chut l&#8217;honneur d\u2019\u00eatre les initiateurs du peuple d\u2019Annam dans\nl&#8217;art du chant, Il est rapport\u00e9 dans ce grimoire que la femme d&#8217;un mandarin\nnomm\u00e9 Dinh-L\u00ea, mit au monde un enfant de toute beaut\u00e9, qu\u2019on appela Binb-Du.\nCette famille heureuse habitait alors le village de L\u00e9-Dao, huy\u00ean de D\u00f4ng-Ngan,\nph\u00f9 de Tu-Son, province de Bac-Ninh (Tonkin), Le jeune Binh-Du ne songeait qu\u2019\u00e0\ncontempler la nature et \u00e0 en go\u00fbter les charmes. <\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019ing\u00e9niait \u00e0 en rendre les sons harmonieux et il\ndevint ainsi un talentueux musicien. Alors qu\u2019il avait vingt ans, il se\npromenait solitaire, ainsi qu\u2019il en avait coutume, dans la montagne de Kiu-Son\n(huy\u00ean de Gia-Binh de la province de B\u00e4\u00e7-Ninh). Il y croisa une belle et charmante\njeune fille du nom de Hoa-Nuong (la demoiselle fleur). <\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux jeunes gens se plurent et s\u2019\u00e9pous\u00e8rent. Mais au\nbout de peu de temps, la nouvelle mari\u00e9e, voyant son \u00e9poux plus occup\u00e9 \u00e0 r\u00eaver\nqu&#8217;\u00e0 gagner leur vie, essaya de faire honte \u00e0 son compagnon : \u00ab Tout homme, lui\ndit-elle, se doit d&#8217;exercer un m\u00e9tier. Or vous \u00eates musicien, je ne chante pas\nmal. Il convient donc d\u2019aller r\u00e9pandre parmi nos fr\u00e8res les notions agr\u00e9ables\nque nous poss\u00e9dons \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Ils firent ainsi et trois ann\u00e9es s&#8217;\u00e9coul\u00e8rent. Au bout de\nce temps un ordre royal appela Dinh-L\u00e9, le p\u00e8re de Binh-Du, \u00e0 la Cour, alors \u00e0\nThanh-Hoa, \u00e0 cette \u00e9poque Capitale du royaume. Mais le mandarin d\u00e9c\u00e9da en cours\nde route. Sa famille, tout en transportant le corps du d\u00e9funt, regagna son village\nd\u2019origine, situ\u00e9 pr\u00e8s de la capitale. <\/p>\n\n\n\n<p>Aussit\u00f4t apr\u00e8s que l\u2019enterrement e\u00fbt eu lieu, le fils, respectueux\nde la volont\u00e9 du Souverain, se rendit \u00e0 la Cour, en compagnie de sa femme. [1\nvoulait informer le Roi del a cause de la d\u00e9sob\u00e9issance de son malheureux sujet.\nMais S. M. \u00e9tait souffrante et n\u2019assistait point aux audiences. Pourtant, \u00e0\nforce d\u2019insistances, les \u00e9poux furent admis en son auguste pr\u00e9sence. La femme\nde Binh-Du fut fortement \u00e9mue en voyant l\u2019\u00e9tat lamentable dans lequel se\ntrouvait le Souverain, Tandis que son mari rendait compte dans quelles circonstances\nson p\u00e8re avait tr\u00e9pass\u00e9, elle ne quittait point des yeux le Ma\u00eetre de l\u2019Annam. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00abSire, osa-t-elle dire enfin, Votre Majest\u00e9 ne souffre\npoint de maux internes et je pr\u00e9sume que des ennuis persistants sont seuls la\ncause de Votre malaise. Si vous vouliez permettre \u00e0 vos humbles serviteurs de\nvous distraire de leurs chants, je suis assur\u00e9e de votre gu\u00e9rison. Il ne nous faudrait\nque quelques jours \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Roi, que les m\u00e9decins n\u2019arrachaient pas \u00e0 son \u00e9tat de\nlangueur, se confia alors \u00e0 elle. Au bout de trois jours de musique et de\nchant, il avait recouvr\u00e9 la sant\u00e9. Reconnaissant, Il fit pr\u00e9parer un festin o\u00f9 Il\nconvia ses gu\u00e9risseurs et Il prit une ordonnance \u00e9levant Binb-Du au titre de\nThanh-x\u00e0 dai vuong (grand prince, Serpent vert) et Hoa-Nuong \u00e0 celui de Man-dinh-hoa\nc\u00f4ng chua (Princesse, fleur dont le parfum se r\u00e9pand dans le Palais royal). <\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00eame ordonnance prescrivit qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir toute\nchanteuse avait l&#8217;obligation de pr\u00e9lever une somme de trente sap\u00e8ques sur son\ngain pour acheter des papiers d&#8217;or et des b\u00e2tons d\u2019encens. Ceux-ci devaient\n\u00eatre br\u00fbl\u00e9s sur les autels des g\u00e9nies protecteurs des chanteuses.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme de juste la l\u00e9gende aur\u00e9ola les \u00e9poux Binh-Du.\nQuand le festin fut termin\u00e9, raconte-t-on, la femme du musicien lui fit savoir qu\u2019elle\n\u00e9tait une f\u00e9e coupable, descendue du ciel pour purger sa peine sur la terre.\nPourtant, gr\u00e2ce \u00e0 ce fait qu\u2019elle venait de propager un m\u00e9tier consolateur, qui\nne disparaitrait plus du lieu o\u00f9 s\u00e9journent les hommes, elle avait obtenu son\npardon et elle devait regagner le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle disparut alors, apr\u00e8s avoir salu\u00e9 le Roi et fait ses\nadieux \u00e0 son mari. Ce dernier, fou de douleur d\u2019une telle perte, se tua, en se\nfrappant la t\u00eate contre une colonne du Palais. Quand son \u00e2me e\u00fbt abandonn\u00e9 son\ncorps, le d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 fut transform\u00e9 en un serpent vert qui s&#8217;envola vers le sud.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Le Souverain, stup\u00e9fait, d\u00e9cerna \u00e0 la f\u00e9e et \u00e0 celui qui\nl&#8217;avait tant aim\u00e9e, les titres pr\u00e9cit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>De tout ceci il subsiste que certains mots, qui rappellent ceux qui composaient les noms de ces diff\u00e9rents personnages, sont des vocables sacr\u00e9s qu\u2019il est interdit aux chanteuses de prononcer. Elles doivent les d\u00e9former quelque peu et Le devient Loi, Hoa devient Hu\u00ea, etc\u2026&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte est issu du livre M\u00e9moires de Son Excellence Huynh Con dit \u0110an T\u01b0\u1eddng de Jean-Jacnal \u00e9crit en 1924.<br \/> Cette biographie d&#8217;un ancien ministre des Rites \u00e0 la Cour d&#8217;Annam contient des d\u00e9tails historiques sur sa vie et pr\u00e9sente une description int\u00e9ressante de la musique \u00e0 la Cour.<\/p>\n<p>&#8220;Toutes les nuits, nous faisions venir des chanteuses. 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